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[When we were the Unborn] L’assassinat de JF Kennedy
En 1963, je n’étais pas né. Je n’étais même pas une idée. Je n’existais tout simplement pas, même en pensée. Pourtant, comme tous les non-nés, j’ai suivi durant de nombreuses années la mort en direct de John F. Kennedy et celle de son présumé assassin, Lee Harvey Oswald, 48h. plus tard. Avec ces mêmes lancinantes questions : pourquoi ? qui ? Mais le plus intéressant, c’était d’entendre les témoignages indirects de ceux et celles qui vécurent réellement en direct cet événement. Je me tournais donc naturellement vers mes parents. Ma mère ne s’est jamais réellement confiée sur le sujet ; mon père, lui en revanche, me donna par bribes ses impressions d’alors, mais il distillait ça à sa façon, avec une extrême pudeur. Je compris bien des années plus tard que se souvenir de cette période était pour lui pénible. A peine sorti de l’adolescence, l’Histoire avait balayé son insouciance d’un violent revers de la main. Il y eut d’abord le Mur, puis la Guerre d’Algérie, qui rendit muette de terreur une génération entière de jeunes hommes et enfin l’assassinat de JFK.
Le 22 novembre 1968, mon père, futur jeune avocat en herbe, terminait un stage juridique chez l’américain Exxon. Il me détailla en quelques mots la journée et surtout les émotions violentes que ses collègues et lui ressentirent ce jour-là. Il se rappelle que lui et deux autres personnes étaient en réunion, lorsqu’une personne déboula littéralement dans les couloirs en hurlant « President Kennedy has been shot ! » Mon père se souvenait alors comme dans un ralenti chaque fait et geste de ses deux collègues. L’un se renversa en arrière sur sa chaise, l’air incrédule, en murmurant un « What ? », le deuxième commença à griffonner nerveusement sur son bloc-note et se leva brusquement pour rejoindre les quelques personnes qui se rassemblaient autour de la télé. Mon père me raconta alors qu’il sentit rapidement l’émotion devenir palpable. Son autre collègue se leva alors aussi pour rejoindre l’attroupement. Et lui le frenchy, il resta assis, observant à travers la vitre de la salle de réunion, un événement qui ne le toucha qu’a posteriori et un peuple qui se rapprocha dans la douleur car le premier d’entre eux avait été abattu. Oui, lui le frenchy resta assis, ne mesurant pas encore les conséquences d’un tel moment. Mais il sentit que par solidarité, il devait sortir de cette salle et les rejoindre. C’est ce qu’il fit en restant à l’écart et s’aperçut que tous s’étaient attroupés autour de la radio et écoutaient dans un silence plombé les nouvelles qui s’égrenaient comme un chapelet. Lorsque tomba enfin la terrible nouvelle. « Pour toi petit, tu te souviens de l’émotion que tu as pu ressentir le 11 septembre, et bien ce fut la même, ce 22 novembre, à une différence près, le silence fut plus terrible. »
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J’imagine bien le silence en France si Sarkozy se faisait assassiné !
C’est un truc d’amerloques, cette fierté, cet amour inconditionnel pour la patrie et ceux qui la représentent.
A moins que ça ne soit plutôt lié aux années 60 et à cette époque où il restait encore des icônes intouchables.
En France, quand Bérégovoy s’est suicidé, il y a eu une véritable émotion en France. A droite comme à gauche.
Oui, c’était étrange de voir la vive émotion à droite, même parmi ceux qui n’avaient dans les mois précédents pas cessé de le harceler, Juppé en tête.
J’ai quand même l’impression que le traumatisme du 11 septembre, à l’inverse de ce que tu dis – si je comprends bien, est beaucoup plus profond. L’ampleur de ses répercussions n’ont rien à voir. L’assassinat de JFK fascine par le mystère qui l’entoure mais qu’est-ce qu’il a fondamentalement changé ? Il a juste conféré à sa victime des allures de martyr, éclipsé son action plus que discutable, son manque flagrant de compétences et renforcé la légende du président le plus télégénique de l’histoire.
Je ne parle pas de sa politique mais de l’impact de son assassinat sur les américains à ce moment précis. Nous sommes en 1963 et c’est à ce moment précis que les années 60 ont réellement basculé. Du moins dans l’inconscient populaire. Le premier des traumatismes sera quand même que Johnson intensifiera l’action américaine au Vietnam… Et puis je ne fais que reproduire les paroles de mon père, ce que ça a représenté pour lui et sa génération, avc la succession des événements.