Tags
Related Posts
Share This
Velma, La Pointe Farinet 2949 m

Velma
Qui n’a jamais vu en concert Velma ne peut comprendre la fascination extrême qu’il exerce sur un auditoire toujours déconcerté par leurs diverses performances ! Le trio helvète a décidé, depuis ses débuts, de bouger les lignes, d’une manière constante et non rectiligne. Aujourd’hui, il existe un cas Velma, fait de violence, de provocations délibérées et de mauvaise foi, le tout lié à un engagement artistique sans concession. S’il devait avoir un manifeste du parti électro/rock, ce groupe engagerait une lutte des Sons.
Et c’est ce qu’ils font. Sur scène et en studio.
Ce quatrième album est celui du paradoxe crépusculaire. Centré autour d’un classique guitare/batterie/voix/sampler, le trio y confronte des constructions qui tiennent de l’esthétisme le plus profond et du monolithisme le plus absolu. En effet, ce palimpseste sonore se lit comme une construction à la fois progressive et répétitive, dans lequel le format volontairement pop des compositions se glisse sans jamais s’imposer. Et c’est là toute l’ingéniosité de Velma, c’est un ni-ni permanent : La Pointe Farinet n’est ni rock, ni pop, ni électro et pourtant il est tout ça. C’est un jeu de glace, de faux-semblants et de mouvements permanents, ce qui confère à l’ensemble une antique théâtralité. Cadencé par les interférences de leur invité, le groupe hip-hop new-yorkais Dälek, certains titres touchent les sommets vertigineux de la paranoïa avec suffisamment de schizophrénie. Ainsi, No Risk to be Taken, saturé par des nappes de synthés dont on oublie facilement la présence, confronte deux mondes, l’occident et l’est. Le propos est noir, la musique poisseuse à souhait et ce n’est pas le doux enchaînement avec le morceau suivant, le Sleeping Underwear, qui apportera un quelconque réconfort. Bien au contraire, la fausse suavité des arpèges acoustiques évoque un monde qui boucle de plus en plus sur lui-même. S’en suit un long écho sous la forme d’une reprise méconnaissable, un morceau de Motörhead, Metropolis, étouffant Bristol de ses bras vaporeux.
Velma s’élance sur des lignes de fuite horizontale, verticale et diagonale. Le groupe module à souhait son Son – ou devrais-je dire ses Sons – et ne laisse guère de place à la facilité. L’oubli volontaire des solos, la batterie à la fois bourdonnante et massive et cette voix sépulcrale participent à une altération volontaire des sens. Pour le meilleur et le meilleur.
[A écouter]
Popularity: 2% [?]



















Un des classiques de 2005. Il faut également écouter le split album réalisé deux ans auparavant avec Dälek, le bien nommé Dälek vs. Velma où chacun remixe l’autre.
(En revanche c’est bizarre, je suis persuadé d’avoir déjà lu cet article…)
Tu as lu ce texte sûrement sur Millefeuille. Même personne, lieu différent
Merci Eleria, on a posté en même temps. J’avais jamais fait le rapprochement
Ah ok au temps pour moi. Je viens de faire une recherche dans Google. Je ne savais pas qu’en fait tu étais Dominique K de Mille-Feuille. C’est marrant j’avais lu cette critique il y a 3 ans et je me suis souvenu de cette phrase : « S’il devait avoir un manifeste du parti électro/rock, ce groupe engagerait une lutte des Sons ». C’est moi où tu mets tweetes jamais sur tes textes sur Mille-Feuille ?
++
Sur le compte de Millefeuille, ils étaient tweetés, mais il est vrai que je ne les retweetais pas ou très rarement à partir de mon compte.