Tags
Related Posts
Share This
Un jour, après la tempête
Je traversais ainsi une ville abîmée, seul le bruit de mes pas résonnait dans le silence de l’après-catastrophe. Ils crissaient sur les bris de glace, les feuilles devenues mortes, les branches. Un bruit crispant, en fait. Un bruit de mort. J’ai l’estomac retourné, mais, sans doute, me suis-je fait une idée des dégâts de la tempête. De se réveiller le matin, sans avoir rien entendu et de parcourir quelques mètres dehors en se demandant ahuri dans quelle étrange monde, on a bien pu basculer en une nuit. Les buissons dans lesquels gamins, on se cachait d’un ennemi imaginaire étaient arrachés et là-haut sur les collines, la forêt, semblable à une épaisse étole de fourrure, semblait ne plus revêtir la terre de son linceul vert mais montrait à certains endroits quelques trouées inquiétantes. Je n’osais penser aux étangs, ces étendues d’eau d’une blancheur métallique qui parsemaient ces étendues boisées. Tout semblait abîmer, tout semblait être cassé de l’intérieur.
Quelques jours plus tard, les rues avaient retrouvé leur ordre ; les jardins, leur allure propre. Seul le vieil arbre, fracassé en deux, gisait encore au milieu de la place, blessure béante d’une tempête qu’on n’avait pas vu venir. Dans l’ensemble, la ville entière avait presque perdu toute ressemblance avec le champ de désolation que j’avais aperçu. Mais personne n’avait eu encore le courage de monter en haut de cet arbre pour décrocher cette couverture déchirée. Elle était devenue le drapeau de notre défaite.
Popularity: 6% [?]




















Commentaires récents