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The name of this band is… Swell Maps

Swell Maps
Au départ, c’est bien ça : deux frères qui décident de faire la musique ensemble. Deux musiciens en rupture de punk qui dans leur arrière-garage de Solihull accordent leurs deux guitares et leurs voix pour un futur show épique. Mais il y a un moment où il faut sortir les couteaux, franchir la porte du garage et affronter le grand dehors. En 1972, Epic Soundtracks et Nikki Sudden sortent enfin du placard et avec l’aide de Jowe Head (futur Television Personalities) et affrontent avec l’air effronté des sales gamins qu’ils sont, la toute nouvelle puissance de l’underground anglais. Leurs influences bien accrochées aux fesses, les deux frangins nettoyèrent les clubs des alentours et à force de répétitions, de mises en avant et de remises en question, ils épurèrent leur son, s’affranchissant peu à peu de leur admiration sans bornes pour T. Rex ou encore les germains bretonnant Can. Ils ne retiendront du premier que son sens de la mise en scène et du deuxième, l’expérimentation sonore. Reste qu’en 1972, l’Angleterre, gavée aux Beatles et au reste, ne s’occupe guère de deux épouvantails qui ne savent pas trop où pointer leurs guitares. Qu’à cela ne tienne, Epic et Nikki continuèrent à travailler et se partagèrent mieux les tâches au sein du groupe : à Nikki, les mélodies et les compositions, et à Epic, les expériences sonores bizarroïdes. Dès lors, là où d’autres auraient depuis longtemps jeté l’éponge, Swell Maps passa sans encombres l’orage punk. Et à force de travail et d’une certaine dose de courage, l’inévitable John Peel finit par les remarquer.
Ce dernier les invita à participer à une John Peel Session. Nous étions alors en plein paradoxe musical : Swell Maps n’avait pas enregistré de disques, même pas un single et ne possédait que quelques démo enregistrés à la va-vite. Seule leur expérience et réputation scénique joua en leur faveur. La session fut enregistrée en octobre 1978 et est officiellement le premier enregistrement de Swell Maps. Dès lors, la machine s’emballe (un peu) et en début d’année 1979, les frères Godfrey entrèrent pour la première fois dans un studio d’enregistrement et signèrent sur Rough Trade. A Trip To Marineville sortit en juillet de la même année et se plaça en tête du nouveau chart indépendant. Un drôle d’objet que ce premier disque, un objet à ne pas écouter lorsqu’on est mal réveillé, bougon, hagard, hébété, le cheveu épars car il vous prend tout de suite à rebrousse-poil. Nous sommes en 1979 et à cette époque, le Royaume-Uni essaie d’inventer une autre musique, plus européenne, plus anglaise et nettement moins universelle. Et depuis 1972, les frères Godfrey ont mûri, travaillé à l’extrême leur son. De leurs influences ici, il n’est point question. Si donc, vous espérez entendre du Bolan, même dépravé, passez votre chemin… Et même si on se dit, après coup, qu’ils ont trop bouffé au petit-déjeuner Can, l’épure de leur son arrache ici et là quelques grimaces. Car voilà bien un disque brinquebalant, trois accords rêches, des ruptures mélodiques à chaque changement de braqué et un sens aigu du n’importe quoi font de ce disque un moment unique. Ecoutez-le bien, n’entendez-vous pas sur quelques morceaux les futurs échos d’un Pavement ou d’un Sonic Youth, certes très parsemés, mais tout de même ?
De ce premier succès, Swell Maps en tirera assez de bénéfices pour imposer les deux frères dans le paysage musical d’alors. Un deuxième album suivra, le très beau Jane From Occupied Europe, ode à la perversité post-punk et surtout manifeste sonore lo-fi d’une très grande richesse. On ne sait rien du split qui suivit, sûrement une histoire de famille, une histoire d’ego. Mais il est certain que Swell Maps fut le début d’une histoire, celle de deux frères qui marquèrent durablement une scène musicale. Certains n’hésitèrent pas à les piller, à commencer par la fameuse génération C86. Quant à Nikki et Epic, eux ils prirent leur chemin en solo, chacun de leur côté.
Epic rejoignit Crime + The City Solution et le groupe de l’autre grand cramé de la vie, Rowland S. Howard, These Immortal Souls. Il mourut en 1997 dans son sommeil, dans des circonstances inconnues. Il avait 37 ans. Quant à son grand frère, Nikki, il eut la carrière que l’on connait : journaliste talentueux et musicien précieux pour les fans que nous sommes. Il rejoignit son petit frère en 2006, après un ultime concert.
[A écouter]
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Bel hommage à des musiciens importants et injustement sous-estimés…