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The Name of This Artist is… Joe King Carrasco

Joe "King" Carasco

Des artistes ont du mal à résoudre leur quadrature du cercle, ça équivaut pour eux à se confronter en permanence aux neuf cercles de l’enfer. Il a suffit d’un morceau pour que leur vie devienne un enfer musical. 96 tears de ? and the Mysterians, vous remettez ? Le style de chanson qui vous prend un orgue à la gorge pour ne plus le lâcher. Certains ne se sont jamais remis de cet hymne proto-punk, au point qu’Alan Vega eut bien voulu remplacer l’anthem américain par ce morceau. Avouons que voir les américains la main sur le coeur reprenant, comme un seul homme, « 96 tears, Cry, Cry’ », ça aurait eu de la gueule. Et puis imaginons un instant Jimi en train de massacrer le nouvel hymne… Cry, Cry.

Pourtant, qui aurait pu croire que cette musaque de chicanos aurait conditionné la vie d’un homme ? Le jeune Joe Teusch naît un jour à Austin, Texas. On ne sait pas encore comment il est tombé dans la marmite 96 Tears, mais on sait que le jeune Joe aime bien la musique latine. Aussi à la fin des années 70, il s’habille d’une cape fourrée, devient musicien et prend le nom de Joe « King » Carrasco. Son punk-garage-latino attire l’attention des malades de Stiff Records et en deux trois accords d’orgue, Joe signe sur le légendaire label punk et enregistre son premier disque, sobrement intitulé Joe King Carasco And The Crowns. Roi de la « nuevo wavo », les nouveaux joyaux de la couronne et son roi vont sillonner l’Europe, les Etats-Unis, le Canada et l’Amérique Centrale et faire connaître leur musique carioca aux sons des mariachis. La mayonnaise prend puisque le magazine Rolling Stone l’interviewes longuement,  il passe au Saturday Night Live et le MTV naissant passe en boucle ses clips. Il est temps pour Joe de rajouter quelques diamants à sa couronne : exit donc Stiff Records, vive le reggae et MCA Records qui lui permettent d’enregistrer Don’t Let a Woman (Make a Fool Out of You) avec un certain Michael Jackson en guest-star. La cape toujours frétillante et l’oeil pétillant, Joe King Carrasco décide néanmoins de faire une pause et part au Nicaragua étudier. Il prend conscience alors du monde dans lequel il vit, n’est pas uniquement fait de bling-bling et autres strass et paillettes. Ses chansons virent socio-politiques, mais sa majesté se produit toujours avec cape et couronne. Le public, lassé par cet énergumène qui se renouvelle peu, ne le suivra plus.  Et même si la Mano Negra reprendra en 1989 Pachuco Hop, King Joe glissera peu à peu dans l’oubli.

Too many teardrops for one heart to be cryin’
Too many teardrops for one heart to carry on

Ecouter l’album Tales from the Crypt de Joe King Carrasco and The Crowns sur Spotify.

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