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The Family Cat – Furthest From The Sun (Les Cultissimes Oubliés #24)

The Family Cat
J’ai des souvenirs mordorés de The Family Cat. De cette année magique 1989, où on sentait que musicalement, tout était encore possible. Il suffisait d’une étincelle pour que le ciel s’embrase d’un feu musical. En Angleterre, le deuxième Summer of Love battait son plein et de l’autre côté de l’Atlantique, Seattle fourbissait ses armes avant l’ultime implosion. L’oreille couvait, la marmite bouillonnait, les esprits s’échauffaient. Dans cette nouvelle cour des miracles, le pire et le meilleur de la pop anglaise commençaient déjà à jouer des coudes pour se placer et bondir en premier dès que le sifflet retentirait. Les rois d’alors, la morgue à la lèvre, se marraient certainement de voir ces louveteaux s’entredéchirer pour une place éphémère au soleil. Et puis à l’arrièce-cour, il y avait les outsiders, ceux qui ne se mêlaient pas à la course volontairement, car ils savaient pertinemment que la lutte serait vaine. Pourtant, sous les colonnades, un groupe sentait qu’il pouvait se mêler à la lutte et participer au combat final. Encouragé par le succès critique et commercial de son premier single Tom Verlaine, The Family Cat était le parfait groupe pour attendre indéfiniment dans l’antichambre. Mais au pays du NME, qui intronise chaque semaine le futur meilleur groupe au monde, la concurrence est rude. il ne suffit pas de devenir le groupe de la semaine et être en couv’ du NME pour survivre. Le coup de pouce viendra naturellement de John Peel, qui introduit le groupe à son émission en disant : « A group that isn’t The Inspiral Carpets », ce qui en disait long sur l’ambiance de l’époque. Il faut dire que Tom Verlaine était un bol d’air frais dans ce déversement de psychédélisme de seconde zone : guitare serrée, gimmick mélodique, shoegazing de très bon aloi et le chant très limité de Paul Frederick. La sauce prend et le mini-album Tell’em We’re Surfin’ prend la 6ème place dans le UK Indie Chart. Même si ce premier essai fleure le garage rock et la production à deux sous, la qualité de songwriting ne peut être réellement remise en cause. Bien au contraire.

Furthest From The Sun, 1993
Alors quoi ?
Et bien ce premier album n’en est pas réellement un mais plutôt une collection de chutes de studio, le véritable premier album, Furthest From The Sun, sortira 4 ans plus tard en 1993. Entre 1989 et 1993, The Family Cat ne sortira qu’une poignée de singles, trop peu pour attirer durablement l’attention du public. Pourtant, c’est la période la plus intéressante du groupe, celle où il sortira bijou sur bijou dont le fameux Colour Me Grey, co-écrit et chanté avec PJ Harvey, de loin le single de l’année 1991. Un an plus tard, le groupe réitère avec PJ Harvey en enregistrant River of Diamonds. Entre temps le groupe se permettra de faire une reprise très réussie de Jesus Christ d’Alex Chilton. Puis enfin sort Furthest From The Sun, un album qui sent bon la fatigue, la mélancolie et la dépression. Si on retrouve les deux morceaux avec PJ Harvey qui tirent définitivement l’album vers le haut, le reste des morceaux oscillent entre l’influence majeure qu’est Television et l’air du temps. En 1989, là où le son du groupe était décalé et pouvait reprendre le flambeau des Jesus and Mary Chain, en mode downtempo est, en 1993, trop compassé et pas assez spontané. Entre temps, il faut dire que My Bloody Valentine a définitivement donné ses lettres de noblesse au shoegazing et toute la vague grunge a sonné la révolte des petits gris. Pourtant, cet album est pour tous les amateurs de post-post-post-post-punk un objet asexué non identifié : le croisement improbable entre Television et les Chameleons dont le morceau Streamroller en est le parfait point d’orgue. Sur ce morceau, le riff est monstrueux, les amplis saturent à tout moment, la rythmique sourde est parfaite et équilibre le morceau dans ses moindres détails. Un pur joyaux. Un véritable diamant brut.
The Family Cat est devenu, en Angleterre, un groupe culte et légendaire. Un groupe dont on s’arrache les albums à prix d’or. Un groupe dont la rage et le désespoir fut le moteur. Un groupe qui explosa en 1996 après un dernier album tout aussi essentiel.
[A écouter]
Artiste : The Family Cat
Album : Furthest From The Sun
Année de sortie : 1993
Label : Dedicated
Popularity: 3% [?]



















Je me souviens d’une Black Session au Studio 105 de la Maison de la Radio enregistrée sur une K7. C’était en 1992.
J’aimais beaucoup ce groupe. Il fait partie de ceux de cette époque que je n’oublie pas.
J’ai une petite préférence pour Streamroller, qui sonne comme de la power-pop que l’Angleterre ne sait malheureusement plus faire. J’ai peut être dû l’entendre chre Lenoir, mais je ne me souviens plus …