Radiation

Ça y est, le moment fatidique qui était prévu, depuis plus de cinquante ans maintenant, arrivait. Comment en était-on arrivé là? Tous se l’étaient demandé sans se rendre compte que ce n’était pas probable mais sûr, implacable. On savait les réserves de pétrole proches de la fin, mais on a continué jusqu’en 2050 à vivre comme si la terre était un puits sans fond. On aurait pu le gérer à la rigueur, se passer du pétrole au profit du nucléaire et des énergies renouvelables. Mais,c’est avec le nucléaire justement qu’on a complètement déconné.

A force d’entasser sous terre les déchets nucléaires, les fuites et les infiltrations se sont multipliées et il a vite fallu trouver une autre solution. Idée folle pensaient certains, idée géniale jugea la majorité des états du globe : envoyer les déchets en orbite autour de la terre, à 36 000 km au dessus de nos têtes, au milieu des satellites. Plus de souci de radioactivité, on était tranquille ! En tout cas on le pensait… Jusqu’à ce que…

The short wave matter
we can’t see
those distant suns
what are they to me
the radiation
falling over me

Jusqu’à ce que, en consommant les derniers barils de pétrole, jusqu’à la dernière goutte, on finisse par détruire entièrement la couche d’ozone. La température terrestre est montée en flèche, l’Antarctique a complètement disparu, des pays ont été entièrement rayés de la carte (Pays-Bas, Bangladesh…), mais finalement ce n’était pas le plus gros de nos soucis.

Car c’est là que les déchets radioactifs se sont rappelés à notre bon souvenir. En les traversant, les rayons du soleil se chargent de radioactivité avant de venir frapper la terre, totalement dépourvue de protection sans couche d’ozone. Et impossible d’aller récupérer ces déchets, puisqu’il n’y a plus de kérosène à mettre dans les fusées (le solaire, c’est moyen pour faire décoller un objet de près de 800 tonnes !).

Les plus riches, les plus prévoyants aussi, ceux qui avaient mis de l’essence de côté, n’ont pas tardé à fuir vers les stations lunaires. Mais les places étaient chères, il n’y en avait pas pour tout le monde. Nous sommes donc rester ici, jusqu’au bout, à contempler ce ciel radioactif, cette pluie d’étoiles, alors que le « bip » de nos compteurs Geiger intradermiques ne cessait de s’emballer. Il a commencé à faire chaud, très chaud, de plus en plus, l’impression d’avoir une fièvre à 50°C, puis cette sensation de fondre, de voir sa peau se liquéfier. C’est devenu réalité.

Everything we ever thought
we’d ever want, me and you
well it just came through
it just came true

Car finalement, c’est ce que nous voulions, non ?

[A écouter]

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