Tags
Related Posts
Share This
R comme Renoncement
Parce que la plupart des révolutions ont échoué dans un bain de sang, que celles qui ont perduré se sont régulièrement prolongées dans un bain de sang, il faudrait y renoncer. Mais renoncer à quoi ? Toutes les révolutions ne se ressemblent pas, n’ont pas toute le même but ni la même évolution. Et pourtant l’antienne revient, jour après jour par nos contrées « Non non, ça va pas être possible; et puis une révolution, ça changerait quoi ? Tu sais bien que ça finit toujours mal et que les puissants reprennent toujours le pouvoir”. Pour peu qu’on creuse, qu’on argumente, qu’on convainque presque, un définitif “et aujourd’hui avec la mondialisation » vient clore le débat et le rideau tombe.
Possible, impossible ? Etait-il possible de faire tomber Ben Ali, Moubarak et de déstabiliser le Fou Libyen ? Possible encore de faire trembler le boucher Syrien, d’affoler les vieillards Saoudiens ? Etait-il envisageable de passer à deux doigts de la paix israélo palestinienne en 1995. Ironiquement, qui aurait cru que les gouvernés reprennent le sourd leitmotiv de leur gouvernants devenant eux-même des agents propagateurs de leur propre résignation : “ça ne sert à rien de changer puisque ça finit toujours pareil”.
Vouloir ne suffit pas bien sûr, vouloir n’est pas pouvoir lorsque la volonté d’un seul se mesure à l’aune de l’humanité. Seul on ne peut pas faire grand chose, mais seul on peut tout vouloir. Et qu’il vous suffise de lire le témoignage incroyable de Luciano Bolis, si justement intitulé “mon grain de sable” pour comprendre que tout est possible malgré tout. Que si le désespoir d’un Bouazzizi peut décupler l’espoir d’un peuple tout entier, quel dirigeant nous dira ce que nous pouvons ou pas…
Renoncer à l’idée même d’une possible révolution, c’est pour moi, renoncer à une part de son humanité. Cette humanité qui se lève parfois, parce que des gens seuls ont décidé que le renoncement n’était pas une option ou que le renoncement des uns agit comme un électro choc sur les autres. Et si le temps, l’histoire nous ont prouvé que le pire ne s’éloigne jamais, le meilleur non plus et l’improbable lui peut surgir à tout moment.
Et 350 ans après la création de la New Model Army de Cromwell, New Model Army hurle “what the hell are we waiting for » ?
[A écouter]
Popularity: 7% [?]




















J’aime bien ton texte surtout la conclusion, pleine d’espérance
Il faut toujours y croire
Merci. Je suis pas du tout content de mon côté, trop de formules ampoulées alors que d’habitude justement, j’évite.
Mais si la conclusion est claire alors tant mieux parce que ça reste le plus important.
Oui et puis super choix que ce New Model Army (groupe que j’ai parfois l’impression d’être le seul à aimer autant^^). Préférons l’improbable au pire, c’est un joli mantra.