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Nos chers chiens de garde

Le petit microcosme parisien de la presse, Libé en tête, s’est largement mobilisé pour dénoncer l’affaire « Vittorio de Filippis », cet ancien directeur de la rédaction, mis au ballon pour une affaire de diffamation, est devenu en une poignée d’heures le symbole d’une presse que l’on bafoue, piétine, martyrise, j’en passe et des meilleurs.

Libération, pas en reste dans l’auto-complaisance, se féliciterait presque du rappel à l’ordre de notre überprésident. On notera le glissement sémantique : l’affaire « Vittorio de Filippis » devient l’affaire Libération. Le quotidien n’hésite pas à comparer cette triste affaire avec celle franchement détestable du journaliste Denis Robert et, tenez-vous bien, avec celle de Charlie Hebdo sur les dessins de Mahomet. Confusion des genres ou hypocrisie médiatique ?

On atteint des sommets, lorsque le même journal, faisant un incroyable boulot d’investigation titre dans son édition d’hier sur une autre affaire, celle du sabotage du réseau TGV : « Pour l’Intérieur, la voie du terrorisme était toute tracée ». Un oubli sans aucun doute, lorsqu’on sait que ledit journal avait fait sa Une ainsi « L’ultra-gauche déraille » alimentant par cette seule sentence le nouveau syndrome oligarchique : un nouvel ennemi intérieur sévit, les « anarcho-autonomes ».

Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît, dit-on généralement. Nos bons chiens de garde devraient de temps à autres se le rappeler.

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