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Monolithe
Le voyage a pris fin à 5h00 du matin, nous venions de fêter le passage au nouvel an comme il se doit. Le sommeil nous avait fui depuis longtemps et nous nous retrouvions avachis sur un sofa, à se demander de quelle couleur pouvait bien être le plafond blanc d’Henri IV. Puis vers 3h, nous nous décidâmes à regarder un film, celui de Kubrick traînait là et comme par hasard, je ne l’avais jamais vu. Ce fut une étrange expérience : l’écran noir, oppressant, le vide absolu se dévoile sous nos yeux mais nous ne le savons pas, avec le bourdonnement si caractéristique de l’ouverture d’Also Sprach Zarathustra de Richard Strauss. The Dawn of The Man. Quoi que de plus étrange de penser à ce moment-là que notre caillou céleste se réveille peut-être à la vie, au rythme d’une telle musique.
Ce parti-pris de Kubrick de laisser l’image se raconter sans dialogues pendant la première demi-heure du film est un des plus beaux trips qu’il m’ait été donné de vivre. Jusqu’aux premières notes de Ligeti, le réalisateur nous installe dans un faux confort visuel. Aussi lorsque retentit le Lux Aeterna de Ligeti, la donne change radicalement. Par la grâce d’un étrange monolithe, une étincelle d’intelligence brille. Cet étrange artefact est-il une porte ouverte sur d’autres mondes ? Une connexion à la connaissance de l’univers ? Ou bien un accompagnateur qui se manifeste à différentes étapes de notre évolution ?
Etrange paradoxe, les quelques scènes marquantes de 2001 : Odyssée de l’Espace sont des appels à l’infini et à notre ridicule condition d’être humain. Une métaphysique de l’instant se dévoile, éclaircit le propos, l’obscurcit volontairement et nous laisse face à nous-même dans un éternel questionnement ontologique.
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