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Meet hic
« Tout ça pour ça ?! »
C’est ce qu’elle pense, parfois, quand elle refait en arrière le chemin de ces dernières années, ce temps qui a filé si vite et si lentement à la fois, ces jours et ces mois qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Oh certes, elle n’est pas à plaindre ! Elle est bien traitée, ici : cet homme avec qui elle vit est riche, ses journées passent agréablement et ce temps, auquel elle pense si souvent, l’a, par ailleurs, plutôt épargnée. Non bien sûr, elle ne peut se plaindre. Ses trois fils sont forts et vigoureux, et sa fille fait déjà des ravages parmi les jeunes gens de la contrée… Bientôt sans doute, les prétendants à sa main afflueront.
Il y a cependant, là, bien tapie au fond de ses tripes, toujours cette amertume, ce sentiment d’inachevé, lorsqu’elle repense au père de ses fils. C’est lui qui est venu la chercher, lui qui a tout fait pour la séduire, lui qui a fini par la ravir. Quand enfin elle a cédé (elle n’était pas farouche, à l’époque, il faut bien l’avouer), elle a bien cru que plus jamais ils ne seraient séparés. Mais (il y a toujours un mais). Il était marié. À cette femme idéale, parfaite incarnation du foyer et de la vertu, celle qui lui correspondait le mieux peut-être, celle qu’à l’évidence il ne pourrait jamais quitter : sa propre soeur !
« Quelle sotte ! » c’est ce qu’elle se dit, parfois, avec le recul. Elle l’a cru, lorsqu’il il lui promettait monts et merveilles, tout ça à cause de ce rêve qu’elle avait fait, juste avant de le rencontrer, la veille. Bien sûr, oui, il ne l’a pas laissée tomber, il a promis qu’il trouverait à ses fils « un poste haut placé », et c’est lui qui l’a présentée à celui qui est devenu, aujourd’hui, son mari.
Aujourd’hui, malgré tout, elle se sent flouée, trompée, par cet homme, par cette vie qui semblait pourtant pleine de promesses, autrefois, lorsqu’on lui prédisait un avenir brillant, à la cour de son père et de ses frères, qu’elle n’a plus jamais revus.
« Reine aujourd’hui reine, poussière demain, dans cent ans, dans mille ans, qui se souviendra de moi ? Personne. »
Cette pensée amère lui est douloureuse. Alors elle écrase une larme, redresse la tête et chasse ces pensées. Jusqu’à la prochaine fois.
Comment aurait-elle pu savoir ? Et que dirait-elle aujourd’hui, cette princesse phénicienne qui répondait au doux nom… d’Europe ?
[A écouter]
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CLAP CLAP CLAP !
C’est vachement bien d’avoir pensé à l’origine du mot !!
J’aime bien ce texte