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Mad Season – Above (Les Cultissimes Oubliés #22)

Mad Season
Above, c’est le négatif de Nevermind. Tout s’inverse ici, la mélancolie remplace l’ironie, la maîtrise l’emporte sur la spontanéité, la sobriété (pour quelques temps) règne. Above, c’est certainement le plus beau et grand disque de l’ère Seattle. Celui qu’on écoute lorsque le monde vous paraît trop vaste ou trop convenu ou les deux. Un album qui puise au plus profond de votre tristesse. Car si Kurt est parti le premier, d’autres l’ont suivi à commencer par John Bake Saunders et ensuite Layne Staley. Mad Season, c’est avant tout une histoire de potes. De potes qui se retrouvent en cure de désintox et décident de former un groupe une fois sortis. Mad Season, c’est l’histoire de gars gris à qui le succès sied mal et qui n’en peuvent plus de la tourmente médiatique auxquels ils sont exposés. Alors pour évacuer, ils créent un petit groupe et s’éloignent pour un temps de leurs groupes respectifs : Mike McCready de Pearl Jam, Layne Staley d’Alice In Chains, Barrett Martin le batteur de Screamin’ Trees et enfin le grand John Bake Saunders, la plus belle poigne de bassiste de ce petit coin de la planète et accessoirement membre des Walkabouts. Et il s’ajoutera à tout ce petit monde lors de l’enregistrement, Mark Lanegan.

Above, 1995
Above a tout du cultissime oublié. Gros succès à sa sortie, il est 15 ans après sa sortie une anomalie dans le ciel de Seattle. Il se détache du reste de la production méga énervée de l’époque par une approche musicale radicalement différente : un son ample, une recherche extrême de l’orchestration et parce que c’est certainement un des plus beaux disques de blues de ces 20 dernières années. Oui du blues rock, on oublie trop souvent que les gars de Seattle ont été nourris à John Mayall and co. Et ça donne des moments d’anthologie comme le morceau d’intro Wake ou encore le sépulcral Artificial Red et le morceau de clôture All Alone. Mais au-delà de la performance de ces musiciens, ce qui marque chacun des morceaux est une très grande désespérance. L’angoisse vrillée aux tripes, ces gars-là ne peuvent s’en sortir qu’en exprimant leur profond désarroi par la musique. Mais cette thérapie de groupe n’eut pas l’effet escompté. Les vieux démons de Saunders le rattrapèrent et il mourut d’une overdose en 1999. Mad Season ne survécut pas à son co-créateur. Et Layne Staley se recroquevilla sur lui-même et on n’eut plus de nouvelles jusqu’à sa mort en 2002.
[A écouter]
Popularity: 4% [?]



















Je me souviens parfaitement du jour où j’ai acheté Above. J’étais tellement jeune, tellement naïf. Les simples noms de Mike McCready et de Layne Staley m’auraient poussé à acheter n’importe quoi. Aujourd’hui il fait toujours partie de mes albums préférés de l’époque avec Vitalogy. Une des plus belles histoires sur la drogue qui finira malheureusement tragiquement.
+1 pour le tout, et spécialement pour le phénoménal ‘Wake up’ !