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Le rire de Cooper
Il n’avait rien de retenu ce rire-là. J’aurai bien aimé l’oublier ou le rejeter loin de moi. Mais le rire de Bob fut le fil rouge d’une série déjà incroyable. Un rire comme on entend jamais, un rire accidentel, un personnage qui s’est inscrit bien malgré lui dans Twin Peaks. Ce rire-là devient le personnage principal le temps de ces quelques secondes, un point final glaçant. Cette image m’a poursuivi longtemps, elle était un miroir déformant de mon cerveau. Ce rire sorti de nulle part m’avait douché. Lynch avait réussi à manipuler son public pour conclure avec ce qui est le fond de son cinéma : le maléfique, le grotesque et l’improbable. L’impeccable agent Dale Cooper ne pouvait pas finir ainsi, Bob devait se tenir loin de lui et dans l’imaginaire collectif, Twin Peaks devait se terminer sur une note positive pas sur un visage grimaçant, un rictus vraiment mauvais. Si on isole ce rire de la série, il dévoile un compartiment secret de l’oeuvre de David Lynch, dont la psyché géniale, mais chaotique et tourmentée, parle aussi bien au conscient et à l’inconscient. Avec Twin Peaks, le cinéaste américain a créé un monstre cinématographique dont on cherche encore la clef pour comprendre l’univers tordu. Peut-être que ce rire est un de ces rabbit holes qui parsèment la série ou bien le réalisateur joue-t-il réellement avec nos nerfs, déjouant toutes nos pseudo-analyses. Peut-être que ce rire nous plonge aux racines du Mal, avec un M majuscule, celui que notre esprit « civilisé » refuse d’admettre. Ce rire malfaisant est un palimpseste, une histoire dans l’histoire, délinéarisée, dotée d’une mémoire (notre mémoire ?), faite de phases narrativement entremêlées dont le point d’encrage est le personnage de Bob, reflet schizophrénique d’une société devenue réellement folle. Alors et si ce rire final de Bob devenu Cooper illustrait à merveille le concept de « l’inquiétante étrangeté » cher à Freud ? Un rire qui dès qu’on l’entend nous plonge dans une terrible angoisse, un rire qui esquive la protestation muette qui nous monte à la gorge mais se tait et nous laisse volontairement dans l’inconnu. Habituellement, on attend d’une fin qu’elle nous éclaircisse, pas qu’elle nous perde à nouveau dans de terribles suppositions. Ce rire nous renvoie à nous-même, il nous est étrangement familier, un écho de notre propre passé, une castration enfantine, par delà le bien et a fortiori le mal.
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« How’s annie ! » A mon dieu quelle fin ! Quand je l’ai vu j’ai voulu crier « noonnn pas Dale Cooper ».
Et ça aurait pu faire un superbe cliffhanger, pleins de promesses pour une possible saison 3.
A la place, celà restera une terrible conclusion.
Bon sang, ça y est, j’ai envie me remater la série !
Cette fois, il faut vraiment que je me télécharge l’intégrale.
Je n’ai pas cliqué sur « Play » juste pour mieux apprécier quand j’arriverai à la fin.
Tout pareil j’ai pas voulu regarder la vidéo, quel spoiler ce Ulrich
Huhu.
Certes, mais en même temps, cette dernière image n’explique rien.