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L'année 2005, s'il en est (part II)
Nine Horses – Snow Borne Sorrow
Imaginez un jour qu’au détour d’un coin de rue, un type vous aborde dans la rue pour demander son chemin. Son visage vous est familier et pourtant impossible d’y mettre un nom. Vous lui donnez son renseignement et puis repartez tranquillement en remettant les écouteurs de votre baladeur mp3. Vous avez mis votre playlist en mode shuffle et d’un seul coup, vous pilez net ! Vous vous souvenez du nom de la personne à qui vous venez de donner un renseignement : Steve Jansen ! Je te vois, ami lecteur, plisser le front, te demandant qui peut bien être ce Steve Jansen. Steve est le frère de David Sylvian et accessoirement le co-fondateur de Japan. Une brusque envie de revenir sur vos pas et de taper la discussion avec lui vous étrille les tripes mais bon voilà, une main invisible vous retient. Pour la peine, vous quittez votre playlist et mettez cet album de Nine Horses qui marque les retrouvailles des 2 frangins avec Burnt Friedman, Ryuichi Sakamoto, Arve Henriksen et Stina Nordenstam. Tout ce joli petit monde réuni pour écrire une petite perle pop expérimentale. Passé complètement inaperçu à sa sortie, on retrouve les accents pop de Japan et des premiers albums solo de David Sylvian. C’est un album pour nostalgiques, pour ceux et celles qui aiment ces atmosphères feutrées de club anglais, avec cigare et cognac.
[A écouter]
Nine Horses – Darkest Bird
Smog s’est tu un jour de 2005, quelques temps après la sortie d’A River Ain’t Too Much. Smog, c’était avant que Bill Callahan se voit en crooner des champs et signe en 2009 un des albums de l’année. Smog, c’était l’assurance d’avoir en caisse de résonance une autre histoire lo-fi qui ne soit pas une redite de la belle des champs. Des acteurs folk de cette décennie, Smog fut un des rares à pourvoir me toucher suffisamment avec ses histoires quotidiennes de looser débarqué de la planète péquenot. Wilco a commencé à m’ennuyer, Bonnie Prince Billy se répète sans une once de génie, Vic Chesnutt a perdu de sa superbe depuis qu’il s’est compromis avec Constellation, etc. Bref les princes de la 6 cordes ont du mal à passer la cinquième, en espérant que la prochaine décennie les inspire plus. A River Ain’t Too Much, c’est mon ode plus blues que folk. Plus accroche-coeur qu’écorché vif.
[A écouter]
Smog – I Feel Like The Mother of The World
Brian Eno – Another Day On Earth
Pouvais-je passer cette décennie sans évoquer Brian Eno ? Même si son empreinte musicale fut en cette décennie moins déterminante, il n’en reste pas moins que l’on ne pouvait ignorer cet effort solo, surtout lorsque Brian Eno repasse derrière le micro pour chanter. Il ne l’avait plus fait depuis une vingtaine d’années. Presque 20 ans après, jour pour jour, Brian Eno répond à son autre album, paru en 1975, Another Green World. Il n’y a rien d’extraordinaire sur cet album, rien de révolutionnaire mais j’ai éprouvé un plaisir énorme à réentendre cette voix. On peut se demander si Brian Eno n’a pas manqué une carrière de chanteur. Bref. Reste qu’il n’a pas son pareil pour tisser des ambiances électroniques d’un autre âge. Par certains moments, Another Day On Earth tire vers le New Age baba cool un peu dégoulinant. Mais les nappes sonores (si chères à Dissogirl) vous emprisonnent dans un cocon bien douillet et on a du mal à s’en extraire. Par certains moments, je pensais même que le duo de Future Sound of London s’était égaré sur cet album, c’est assez flagrant sur un titre comme Going Unconscious. En fait, même si Brian Eno est un très bon chanteur, on le sent plus à l’aise lorsqu’il joue avec ses synthés.
[A écouter]
Brian Eno – This
Je me souviens parfaitement de la première fois où j’ai entendu un extrait de cet album, c’était sur feu le blog Benn Loxo du Taccu, spécialisé dans la musique africaine : une vraie source d’informations pour ceux et celles qui adorent la musique de ce continent. J’y ai découvert des artistes dont je n’aurai jamais soupçonné l’existence… C’était le début des audioblogs et comme des gamins, on téléchargeait à tout va, heureux de disposer une telle manne à écouter. Ce disque était tellement exceptionnel que je pus le télécharger très facilement sur un autre blog. Et depuis je me suis acheté toute la série. Mais ce premier volume est exceptionnel de par l’énergie qu’il dégage, si vous vous mettez à danser dessus, l’inévitable se produit, vous entrez en transe. Ces morceaux sont tout simplement hypnotiques et merveilleux à réentendre, encore et encore.
[A écouter]
Konomo n°1 – Paradiso
Si un jour, je devais faire un top de cette décennie, Tender Buttons figurerait en très bonne place, voire sûrement dans les trois premiers. Les deux autres seraient Blemish, le merveilleux disque de David Sylvian, déjà présent dans cette rétrospective; pour le troisième, il vous faudra attendre l’année 2007, mais ce dernier est tellement exceptionnel qu’il fera l’objet d’un post à part entière. Qu’est-ce-qui n’a pas encore dit sur cet album de Broadcast ? Incontournable ? Must-Have ? On peut dire que Warp a eu le nez plus que fin de signer ce groupe. Hommage avoué à Gertrude Stein et à son recueil d’écritures automatiques Tender Buttons. A l’instar de cet ouvrage, Broadcast joue sur les assonances et les allitérations. Un son, une phrase, les deux à la fois sont répétés ici ad nauseam, on y découvre même la répétition de phonème entre deux blanches. Plus proche des expérimentations d’A Certain Ratio et par certains côtés à Psychic TV, on aime à retrouver chez Broadcast, ces sonorités post-punk qu’eux seuls savent aujourd’hui mieux que quiconque porter. Rares sont aujourd’hui les groupes qui savent utiliser la richesse musicale du passé pour aller de l’avant.
[A écouter]
Broadcast – America’s Boy
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excellent l’original des Konono, je connaissais que par la reprise qu’en fait The Ex à la fin de chacun de leurs concerts…