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L'année 2004, s'il en est (part 1)
Albert Ayler – Holy Ghost : Rare & Unreleased Recordings (1962-1970)
Trane was the father. Pharoah was the son. I was the holy ghost.
S’il ne devait avoir qu’une seule œuvre à emporter sur une île en cette année 2004, ce serait celle-ci, autant pour l’objet que pour son contenu incroyable. Nul besoin de présenter Albert Ayler, le vilain petit canard du jazz : méprisé, honni par ses pairs, sujet au sarcasme, il mourut à 34 ans dans des circonstances mystérieuses. 34 ans plus tard, le label Revenant lui rend le plus bel hommage qui soit en publiant son œuvre inédit. Et ma foi, on en a largement pour son argent et ses oreilles si on désire plonger dans cette musique d’un autre âge. Albert Ayler est un grand du free jazz, il fait partie de ceux qui ont créé une orthographe, un vocabulaire et une grammaire propres. Une musique qui est impossible à décrire avec nos mots quotidiens. Albert Ayler est définitivement sur une autre planète, de celle que l’on voit néanmoins à l’oeil nu, un peu à l’écart du quintet Miles Davis/John Coltrane/Charles Mingus/Thelonious Monk/Duke Ellington.
[A écouter]
Albert Ayler – On Green Dolphin Street
John Balance n’est plus et on n’entendra plus Coil qu’au travers de sa discographie passée et des futures rééditions ou éventuellement inédits. Lorsque je pense à Coil, je pense à ce noyau de brillants illuminés que sont Throbbling Gristle, Psychic TV, Nurse With Wound et Current 93. Des artistes qui, par pur défi et par pure envie, ont su bouger et brouiller les lignes. John Balance est mort et Black Antlers est sorti quelques mois après. Forcément, entendre cette belle voix sortie d’outre-tombe et on a la gorge serrée. Forcément, les compositions expérimentales du groupe prennent une nouvelle dimension. Comme le sera le magnifique The Ape of Naples, l’année suivante. Groupe essentiel, discographie à posséder.
[A écouter]
Coil – Teenage Lightning (10th anniversary)
Diplo – Florida
Diplo a passé cette première décennie sur une étoile filante : auteur d’un album de hip-hop essentiel – ce Florida – et producteur de M.I.A. avant que celle-ci n’aille voir ailleurs, ce petit gars a tout pour faire une belle et immense carrière. Florida est un bijou de syncrétisme, un des fils putatifs du Endtroducing de DJ Shadow. Beaucoup plus electronica dans la forme, il n’en reste pas moins un manifeste instrumental hip-hop étonnant. Il n’y a que la très belle voix de Martina Topley-Bird qui vient joliment troubler cet enregistrement, on reste muet, dans l’ensemble, devant ce savoir-faire efficace et entraînant. Le seul hic est que depuis, on attend la suite. Alors ce Florida fut-il le seul trait de génie de son auteur ? Possible.
[A écouter]
Diplo – Big Lost
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