Tags
Related Posts
Share This
Hackamore Brick – One Kiss Leads to Another (Les Cultissimes Oubliés #16)

Hackamore Brick
J’ai devant moi une liste de noms : The Modern Lovers, Television, Velvet Underground, The Stooges, Germs, Replacements, Hackamore Brick et Exploited. Derrière chacun de ces noms il y a un, voire plusieurs, albums et derrières ces albums, une putain de terrible crise d’angoisse. A chaque écoute, je me dis que définitivement on ne fera pas mieux et certaines crises ne valent que parce que je connais d’avance l’aura parfaite de ces disques. Elles arrivent généralement souvent avec les quatre premiers groupes et elles ne sont pas toutes égales devant la douleur. Enfin douleur… elles ressemblent plus à une joie mêlée à une douleur indélébile. Oui, on ne fera pas mieux que les suscités. Puis, des artistes ou des groupes, parfois les deux, arrivent à vous décrocher un sourire et une satisfaction sans mélange, c’est le cas des Replacements, des Germs et des Exploited… Les Germs sont un bon exemple qui font que le hardore de L.A. n’est pas une énième resucée de musique punk uniquement énervée, chacune de leurs chansons est un manifeste, un hymne mauvais au retour de bâton. Les Replacements, leurs chansons sont rigoureuses, plus structurées mais dès qu’ils peuvent, ils partent en sucette, arrachent ici et là une grimace hautement approbatrice. Quant à Exploited, ces écossais n’en finissent pas de nourrir ces butors de chômeurs britanniques de sauce Oi bien blanche et bien grasse.

1970, One Kiss Leads Ton Another
Et enfin, il y a la créature, qui sortit de nulle part, vous colle entre les oreilles le sentiment que peut-être, là oui, la musique ne se moque pas de nous. Hackamore Brick n’est pas et ne sera jamais un groupe comme les autres. De hardcore il n’a rien et de punk encore moins. Non la filiation de ce groupe américain est à chercher auprès de Lou Reed, après le départ de John Cale, période Loaded. Mais il y a plus que cela, cet album notamment, un petit miracle que seules les années 60 et 70 ont su et pu produire. Lorsqu’on écoute One Kiss Leads To Another, on sourit en entendant cette incroyable innocence qui monte et monte au gré des chansons. Et certainement faut-il parler de fraîcheur et d’énergie, voire d’une grâce, légère. Tout semble venir naturellement chez Hackamore Brick : une pop apaisée, nourrie à sa source, mais qui est suffisamment vénéneuse pour révéler derrière chaque note un je ne sais quoi addictif. Ici la sécheresse de la guitare et ce piano électrique langoureux demande à l’auditeur de ne pas tomber dans les affres de la tristesse et il y a cette chose intrigante, ce morceau de huit minutes, sommet d’incertitudes dans une mer calme, ce And I Wonder, une chanson improbable, sorte d’hybride monstrueux entre le meilleur du Velvet et… des Doors. Quelle chanson ! C’est comme le temps. Indestructible et mystérieux. De quoi avoir une nouvelle montée d’angoisse.
[A écouter]
Popularity: 7% [?]



















Effectivement hybride pas forcément monstrueux mais bien à la croisée des chemins entre les Doors et le Velvet. Après avoir écouté la première on a du mal a imaginer ce qui nous attend avec And i wonder.
Tout l’album est ainsi fait. Il n’y a rien à jeter.
J’adore ce disque et je me demande si on n’a pas lu les mêmes blogs (en tout cas c’est là où je l’ai découvert) :
http://www.thestrangeexperienceofmusic.com/article-4070214.html
Quand j’ai fait quelques recherches sur le groupe, ce lien apparaissait en premier, mais non c’est pas là que je l’ai découvert… mais au hasard d’une discussion sur un forum.
Excellente chronique et non moins excellent blog.