Dwight Twilley Band – Sincerely (Les cultissimes oubliés #39)

Dwight Twilley Band

33 ans après, quasiment jour pour jour, bien après la fin dans le vent de quatre garçons, je me suis rendu au chevet d’un groupe power-pop que tout le monde a oublié aujourd’hui le Dwight Twilley Band. Tchin et bulles cacahuètes plus tard, on rigole comme on peut avec les princes héritiers de la pop.

A ma descente de l’avion, en provenance du désert du Tendre, j’avais envie que de deux choses : boire d’une traite une guinness-pastaga et écouter un disque de Dwight Twilley Band. Pour la Guinness-Pastaga, le bar-médium du Tropic Desk épancherait cette inintelligible soif. Pour le Dwight Twilley Band, j’ai filé sec vers la zone Duty Free situé en plein no man’s land où j’ai piqué l’album Sincerely à la barbe du mirador-terminador pas fini. Fin du premier acte.

Dwight Twilley Band - Sincerely - Front

Cet endroit, dont nous allons parler, n’est situé sur aucune carte, ou plutôt si, mais avec de la chance, en fermant les yeux et en pointant un doigt aimanté, on tombe inévitablement sur Liverpool, un petit bourg situé en Albion, bien connu pour son port de pêche, ses familles au chômage et ses call-girls. Cette charmante bourgade, méchamment bombardée durant la Guerre des Etoiles, donna naissance à un petit groupe : Les Beatles, 4 charmants petits scarabées qui se battirent pour faire de la musique champagne. Pop, me susurre-t-on via le mégaphone. Ok plop donc ! Toujours est-il que l’histoire de ce village poissonnier ne nous intéresse guère ici. Non, je préfère me rendre à Tulsa, United States of America en 1967 quand Dwight Twilley rencontre Phil Seymour à une séance de cinéma, celle de A Hard Day’s Night. D’après mes calculs, il fallut un peu de temps à nos deux lascars, pour collaborer. Mélange rare de beat, de pop et de rock du sud, cette rencontre ne sent pas le poisson frit et la bière éventée. Bien au contraire, certains vous diront, entre deux bouchées de chips-burger, que Sincerely est un must-have, un classique, un grand disque. Contrairement aux Beatles, ces deux-là ne vécurent pas leur période blouson noir dans les bouges d’Hambourg. Ce fut même plutôt tranquille du genou. Toujours est-il qu’en 1975, lorsque sortit Sincerely avec son train passé : la british invasion, les filles à la petite vertu, le champagne, la bière, la mauvaise bouffe et Memphis, on est tous un peu à l’est et en Europe. Même si on aime Big Star, le Dwight Twilley Band est déjà has been. Pourtant, on saisit au passage quelques éclairs de génie, ce Three Persons qui mélange l’âme de Memphis à la cathédrale pop des choeurs ; ce TV qui fait wang wang wang à la Gene Vincent ;  le tube I’m On Fire, le meilleur titre des Eagles à ce jour ; et enfin, le chef-d’oeuvre Sincerely que je n’accablerai pas de superlatifs.

Voilà ! Je ne prendrai jamais le temps de vous parler de l’autre grand album du Dwight Twilley Band, de l’amitié que le duo noua avec Tom Petty et de la triste fin de Phil Seymour. L’Oncle Ducasse m’avait plus ou moins prévenu : écrire sur la powerpop est un gouffre sans fond (sic).

[A écouter]

Dwight Twilley Band – Three Persons

Dwight Twilley Band – Could Be Love

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