C.R. Avery – Magic Hour Sailor Songs (Les Cultissimes Oubliés #38)

C.R. Avery

Du son à post-réaction, back to 2008 : c’est ainsi que j’aurai pu intituler cet article et en rester là. Laisser la découverte aux autres, sans écrire une lettre et un mot  de plus. La vanité étant ce qu’elle est et le mode paresse n’étant pas enclenché, je ne me résous pas à laisser une quasi-page blanche avec un titre, une photo, une pochette et deux titres à écouter.

Lorsque paraît Magic Hour – Sailor Songs au début de 2008, C.R. Avery n’en est pas à son premier coup d’essai. Avec déjà 5 albums au compteur, l’américain s’est déjà imposé sur la scène Blues, comme un artiste à part et à l’univers particulier. Ce touche à tout est à l’aise aussi bien dans le beatboxing, la poésie et le blues. Lorsque les trois se télescopent, ça donne des chansons à l’aspect bricolé,  mais qui contiennent suffisamment de chaleur et d’âme pour qu’on puisse s’y intéresser sans arrière-pensées. Et comme Tom Waits ne tarit pas d’éloges sur lui et Sage Francis l’a quasiment adoubé, on est en droit de se dire que l’on tient peut-être là un génie méconnu. Magic Hour – Sailor Songs est un album hors-norme, un de ceux que l’on écoute une première fois, puis une deuxième, qu’on laisse un peu de côté et sur lequel on revient quelques semaines plus tard et ainsi de suite. Il y a tout d’abord la voix et l’on comprend qu’il existe une véritable filiation entre C.R. Avery et le Tom Waits des débuts : le quasi-même timbre, un peu homme-orchestre et une volonté farouche de raconter des histoires, de ne pas laisser les blancs se remplir avec du silence. Et si le blues est la musique à la croisée des chemins, C.R. Avery y puise toute sa créativité et chante des histoires à fleur de peau. Et par dessus tout ça, notez l’utilisation intelligente des phrasées hip-hop.

Si le Carbon de Sean Booth sentait la chambre mal aérée, ce Magic Hour – Sailor Songs, par son mélange des genres, sent la route, le pneu cramé, la ville, le rauque et le glauque. On y croise aussi bien le boxeur raté que le président d’Ottawa, véritables contes des temps modernes qui nous rappellent cependant les histoires d’antan. C’est un disque qui se déguste le clope au bec, tard dans la nuit et sur la route.

[A écouter]

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