A ton étoile

En sommes-nous là ? Corps impatients, épars en travers … Sommes-nous au bord de l’envol, sinusoïdes avatars ? De mes mensonges tu fis ta Bételgeuse, toujours fuyant l’ombre, tu me vis brillante, solaire. Je ne t’ai pas détrompé, au creux des nuits où je noyais mon amertume de ciels liquides. Les corps suppliciés, ivres jusqu’aux cieux. Les corps accomplis, nos corps célestes.
Trajectoires aléatoires, chemins de traverses, que filer, que fuir ? Mesurer à l’aune de nos différences les gouffres impossibles à traverser. Transmuer l’interférométrie, la rendre muette, à force de surbrillance. Nous fûmes l’évidence. Agonir l’absurde, agoniser d’amer.

Mes noirceurs de fusain, tâches malsaines difficilement endiguées, les sourires éteints, les milliards d’étoiles convoquées, pour faire écran, pour faire écrin. Sur l’épaule de ta nuit, supergéante carmin,  Orion à l’orée de l’ébène. L’encre pétrole qui vérolait les jours, les fumées frivoles comme des trompe-l’oeil. D’un souffle, d’un rire, faire éclore le soleil dans les flaques, et nos esquisses dans la boue.

Nos corps célestes.

Nos corps délirants, nos corps trompés, nos corps perdus.  Le soleil est un Janus jauni, l’ombre le dévore aussi. Shéhérazade, je t’ai conté milles et une lumière, le bonheur. J’ai fait semblant, usé des artifices, Circé te lovant en son sein. Nuage moléculaire à disséquer, supernova qui ne dit pas son nom, je t’ai soulé des mes fulgurances, une étoile éruptive.
Nos corps célestes. après nous le big bang. L’explosion, et un nouveau monde, peut être. Fait de mes ténèbres autant que de tes lumières, de mon inaptitude au bonheur autant que de tes utopies astrales.
Si je peux être sombre sans m’éteindre. Si je peux être ton plus noir péché, de nos mémoires effacées les galaxies approximatives, nos corps célestes ces astéroïdes enfin sublimés.

[A écouter]

Popularity: 9% [?]