[A Song A Day] Shed Seven – Speakeasy

Shed Seven

The Next Best Thing.

Le temps d’une semaine.

Le temps de trouver The Next Next Best Thing, Oasis en l’occurence.

Je me souviens d’avoir acheté la K7 audio du premier album de Shed Seven, un après-midi à Picadilly Circus, quelques semaines après sa sortie. Je me souviens encore de cette fichue pluie qui tombait sur le blister alors que je tenais ce petit boîtier dans ma main, regrettant déjà quelque peu cet achat impulsif. Sur la foi d’un concert vu la veille, je revoyais ces petits gars débordant d’une énergie rare et communicante qui se donnait sans compter sur scène, offrant des prestations lives d’une rare qualité. J’apprécie chez un groupe qu’il se lâche complètement sur scène. Les quatre gars de Shed Seven se sont fait connaître ainsi, en bouffant de la scène et en affinant leur son au fil des quatre longues années qui précédèrent l’enregistrement du premier album Change Giver. Au delà du charisme évident du chanteur Rick Witter, ils savaient tenir leur public entre émotion, don de soi et chaos total. On ressortait de là avec la sensation d’avoir été essoré de toute énergie mais heureux d’avoir partagé un pur moment de musique avec des tas d’autres personnes.

C’était en 1994. La Brit Pop montrait définitivement le bout de son nez et envahissait toute la presse britannique, offrant ainsi un barrage uniforme contre l’envahisseur américain qui à coup de grunge semait la pagaille au sein de la maison. La riposte ne se fit pas attendre, Blur et Suede furent les premiers soldats à être envoyés au front, puis vinrent en ordre bien serré Elastica, Oasis, Supergrass, Shed Seven, Boo Radleys et Pulp. Ces six-là avaient pour ordre de ne rien laisser passer. Le grunge ne devait plus passer ou du moins être noyé dans le son de nos nouveaux garçons coiffeurs. Mais ce mur de front avait quelques faiblesses, Elastica et Shed Seven ne furent pas à la hauteur de l’attente suscitée. Passer de la scène au studio est un acte parfois douloureux pour un groupe. Signer sur une major n’est en rien un acte de foi mais une affaire de sous. De l’avoir trop oublié, les Shed Seven se sont brûlés les ailes. Leur énergie créatrice qu’il dégageait sur scène fut gommée par une production trop propre.

Il pleuvait ce jour-là lorsque je rentrais chez moi et mis dans ma chaîne cette K7, débarrassée de son blister. Je me souviens d’avoir fait la moue quand joua Speakeasy. J’avais encore la version live de la veille dans les oreilles. Je ne retrouvais pas ce son brut, les arpèges démoniaques à la guitare de Paul Banks, véritable maître-artisan du son du groupe sur scène. Je ne retrouvais pas la générosité d’un morceau qui aurait du être plus grand que le groupe et marquer de son empreinte une génération. Je n’ai écouté qu’une seule et unique fois cet album, je l’ai rangé et oublié, enterrant Shed Seven et son set merveilleux dans les limbes de mon cerveau.

Puis, un jour, on range et on redécouvre dans ce fatras des choses oubliées. 16 ans après, j’ai réécouté une deuxième fois Shed Seven. Et de flashback en flashback, je me suis retrouvé au milieu de la fosse, quelques cheveux gris en moins, à reprendre un « Don’t break the habit of a lifetime » avec d’autres.

[A écouter]

[audio:http://www.shotbybothsides.org/wp-content/files/SS-170.mp3]

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