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[A Song A Day] Augustus Pablo – King Tubby Meets The Rockers Uptown
J’ai toujours aimé l’idée que lorsqu’on rencontrait quelqu’un dans la rue, cela signifiait que l’on s’arrêtait pour bavarder ou bien que l’on échangeait quelques paroles aimables sur le temps qu’il faisait avant de poursuivre son chemin, chacun de son côté. Plus tard, j’appliquais le même schéma lorsque je discutais de livres ou de disques. Au disquaire du coin, à Montparnasse, j’aimais interpeller les gars qui achetaient les mêmes disques que moi, histoire de faire la causette et de créer un peu de lien entre amateurs de musique. Dès fois, ça se finissait au troquet d’en face où nous terminions nos discussions autour d’une bonne mousse ou d’une noisette. Ces causeries d’un autre temps me manquent. Parler de vive voix de musique avec quelqu’un pendant des heures me manquent. Aujourd’hui, sur le net, son expression est réduite à s’envoyer des liens et/ou à échanger en 140 caractères. On perd en relationnel, on perd en richesse d’échanges, on perd en sociabilité. On ne sait plus parler musique et c’est bien dommage.
Sans ses discussions de malades mentaux jusqu’à point d’heure, je n’aurai jamais pu découvrir Augustus Pablo et l’album qu’il écrivit en 1976 avec Robbie Shakespeare (le Robbie de Sly & Robbie), Earl Flute (de Soul Syndicate), d’Aston Barrett (le bassiste du Wailers Band) et enfin Carlton Barrett (le batteur de The Upsetters et de Bob Marley). Avec King Tubby Meets The Rockers Uptown, 35 ans de dub vous observent… De loin, de haut et de travers. Je considère que depuis on n’a pas fait mieux, tout juste si certains ont su se montrer à la hauteur – je pense notamment aux fulgurances géniales du duo Smith & Mighty. L’album d’Augustus Pablo a cette touche de classe que je n’ai jamais retrouvée ailleurs, un souffle qui amène au corps et à l’esprit un feu interne qui transforme notre tête en terre brûlée. Sous l’influence de cette musique, nous ne pouvons ralentir nos pas et sommes obligés d’entamer une course avec le lever du soleil. Jusqu’à l’épuisement de nos sens, King Tubby Meets The Rockers Uptown a kidnappé à jamais votre âme, sans avoir signé pour autant avec le diable.
[A écouter]
[audio:http://www.shotbybothsides.org/wp-content/files/AP-186.mp3]
Popularity: 6% [?]




















Je suis tellement en phase avec le premier paragraphe… L’organisation du BAM vient de là, de cette absence de pouvoir parler musique en face à face et de la frustration générée par Twitter, les commentaires, etc…
La preuve de la nécessité de ces rencontres ? De par leur absence, je n’ai jamais pu découvrir Augustus Pablo.
Effectivement, disque magnifique, pas trouvé mieux non plus de mon côté.
Également d’accord avec l’irremplaçable des discussions orales, avec leur lot d’oublis, de maladresses, de blancs, c’est autrement plus engageant qu’un échange de bons mots sécurisés par Wikipédia et Discogs.
@Ben je comprends mieux ta démarche, maintenant
@Julien et les silences gênées et les engueulades…