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[A Song A Day] An England Story
This is England.
Douce France.
Women of Ireland.
Sentiment étrange que d’une manière ou une autre, on a besoin de marquer son territoire, même en musique.
“This land is your land, this land is my land.”
J’entends encore la petite-fille de Woody Guthrie chanter ce morceau, un soir d’été à Philadelphie. Elle est descendue de la scène et s’est avancée, seule au millieu de la foule, avec sa guitare et sans micro, a commencé à chanter This Land Is Your Land, devenu l’hymne des sans-terres et par le temps, des sans-abris. Il faut entendre une petite salle comble reprendre en choeur cette chanson. Ça vient du tréfond des tripes et ça remonte à la surface en une vague gigantesque. On entend la clameur alors des déshérités. On chante pour eux, pour une terre volée et l’espoir que la roue tourne un jour. A ce moment précis, on n’est pas loin de jeter des cailloux et des poignées de sable. J’entends la voix de Joe Strummer se casser les cordes sur le dernier morceau à peu près digne des Clash, éructant à la face de Thatcher, cette Angleterre devenue inique à ses yeux. J’entends ces musiciens qui un jour, d’une façon ou d’une autre, ont chanté leur pays. J’aurais bien aimé chanter avec eux, sentir un jour ce que ça fait d’appartenir à un coin de terre.
Imaginer pendant un instant que j’ai la tête pleine de ces colifichets et penser que la seule chose qui pourrait guérir tous ces malades de la pensée est l’oubli apatride. La plupart trimbalent un poids si lourd dans leur tête que regarder au-delà de leurs propres frontières leur demande un trop gros effort. Ils s’épuisent et se fânent, sans s’en apercevoir. Est-ce donc ça mourir à petit feu ?
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Le fait de se sentir apatride est encore un sentiment mal accepté comme s’il était contre-nature. C’est encore quelque-chose de très rare alors que dans le monde où nous vivons j’ai l’impression que ça devrait concerner une frange importante de la population.
De plus d’un point de vue politique, on sent bien à quel point personne n’est à l’aise avec la question. Je suppose que le jour où l’on considérera un ouvrier chinois aussi légitime au bonheur qu’un ouvrier français, le sentiment d’appartenance aura de fait moins d’importance.
A titre personnel, je suis loin de me sentir apatride mais les notions exposées ici résonnent néanmoins chez moi.