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2009 et puis, c’est tout.
J’ai vu 2009 et j’ai failli en repartir presque de suite. Sous ses allures de fin de décennie, la garce a glissé quelques peaux de banane sous mon pied. Je ne sais trop comment j’ai pu me rétablir à chaque fois, mais entre l’exil volontaire et les pertes, ce fut un pas de deux en claudiquant sur un pied. J’ai pour habitude de conspuer toute forme de top, car je n’ai jamais compris cette propension qu’ont mes semblables à vouloir mettre en compétition tout et son contraire, à hiérarchiser leurs goûts en fonction de tel ou tel critère – lorsqu’il y en a. Comme le disait l’ami Heebooh, « Comment dire… C’est gênant ». Et puis cette course au top de fin d’année devient grotesque et sent définitivement le renfermé. Tout le monde se sent obliger de le faire et au final, on se retrouve à lire peu ou prou la même chose, un peu partout. Après tout, cet élan moutonnier est peut-être une composante de la blogosphère musicale, histoire de se rappeler que l’on vit dans un écosystème et qu’on est interdépendant des uns et des autres.
Personnellement, je n’ai pas encore assez de recul sur 2009 pour avancer de façon ferme et définitive quels ont été mes albums marquants. J’en suis encore à écouter certaines sorties de l’année dernière et il est probable que la révélation viendra plus tard en 2010. Une année où pour une fois les français seront mis en avant, plus que d’habitude.
Alexandre Tharaud - Satie : avant-dernières pensées
Tharaud est un pianiste à part dans le paysage classique français. Il aime jouer les rebelles en s’attaquant à des compositeurs que l’on a peu l’habitude d’entendre. Cette fois-ci, il accroche à son tableau de chasse, Erik Satie, ce compositeur qu’on a du mal à cerner, encore aujourd’hui. Cette ré-interprétation du répertoire de Satie est l’hommage d’un enfant prodige à un maître silencieux et discret. Le doigté léger d’Alexandre Tharaud redonne vie à une oeuvre foisonnante et passionnante.
Alexandre Tharaud – Gnossienne n°1
Centenaire – The Enemy
Ce fut et restera la belle surprise de l’année écoulée. L’album était dans ma liste de courses 2009 et force d’avouer qu’il fut le seul de cette liste à ne pas me décevoir. Après un premier album que je qualifierai de brouillon sympathique mais inégal, le groupe a resserré ici les rangs et offre un résumé de ce qui se fait de mieux actuellement sur la scène française. A la fois folk, pop et post-rock abrasif, The Enemy ne choisit pas sa voie mais il impose à l’auditeur des directions musicales.
Centenaire – Testosterone
Ben Frost – By The Throat
Un australien vivant en Islande, ce n’est pas banal. On peut imaginer que le pays des volcans entre en résonance avec l’Océanie, le temps d’un album. Sauf que Ben Frost n’en est pas à son premier coup d’essai. L’avant-dernier donnait déjà des indices dans ce sens. Découvert sur le tard, By The Throat fait partie de ces albums qui ne vous lâchent pas une fois la première écoute passée. Envoutant d’un bout à l’autre, on y croise aussi bien l’industriel que l’organique, le métal et le liquide, la voix et ses échos. Effrayant, terrifiant. Seuls les extrêmes peuvent produire un tel album.
Ben Frost – The Carpathians
Acetate Zero – Hesitation Blues
Un album calme. Un album électrique. Un album où pour une fois la voix d’Elsa se détache clairement. Un album où les accords mineurs se disputent ouvertement. Un album de déshérence. Un disque qui avance dans la lenteur. Un disque qui affronte frontalement le mur du son. Le cinquième album d’Acetate Zero est un des meilleurs antidotes à la morosité ambiante.
Acetate Zero – Post Victorian Memory
Vic Chesnutt – Skitter On Take-Off
Jonathan Richman. Tommy Larkin. Vic Chesnutt. Que dire de plus ?
Vic Chesnutt – Feast in The Time of Plague
Port-Royal - Dying In Time
Le futur du post-rock est italien. Deux groupes italiens auront l’année dernière marqué de leur empreinte, un genre qui s’essouffle quelque peu et a franchement du mal à se renouveler. La musique de French Teen Idol sous-marine encore un peu et s’expose timidement. Quant à Port-Royal, il va certainement devenir dans les années à venir un groupe sur lequel il faudra compter. Mais pour l’instant on en reste à Dying In Time, un album qui s’en va scruter l’âme russe, la révolutionnaire, celle qui d’un coup de chapeau a structurellement marqué le siècle dernier. Dying In Time, c’est ma révolution à moi… Celle du silence retrouvée.
Port-Royal – Hva (Failed Revolutions)
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